LA PROCHAINE ÉDITION SE PRÉPARE ...
RENDEZ-VOUS LES 20 & 21 JUIN 2026 À REVONNAS.
ENTRÉE LIBRE DE 11H À 19H.
Commissariat : Ariane Réquin et Fanny Robin
Avec les artistes : Elouen Bernard, Juliette Bertrand, Blandine Berthelot, Pierre Boggio, Hugo Capron, Estelle Chrétien, Adrien Fricheteau, Géraldine Kosiak, Jérémy Liron, Nelly Monnier, Eve Pietruschi, Mathilde Rosier, Marguerite Soulier, Léa Tissot, Céline Thoué.
Deux cartes blanches à des institutions partenaires : Artothèque du musée Paul-Dini avec une invitation à Jérémy Liron (Villefranche-sur-Saône) et Musée Marius-Audin (Beaujeu)
"Il se dissimule dans les replis du paysage, mais pour qui sait regarder, il affleure de toutes parts. Un village discret, ni tout à fait perché,
ni vraiment ancré dans une plaine, mais suspendu dans un entre-deux. Il se tient à la lisière d’un ravin, tout en se blottissant sur le flanc d’une colline, ronde et épaisse comme une petite bosse sur le front. Un village aux contours flous et aux formes à géographie et géométrie variables, comme retenu entre vertige et refuge. Le Revermont promet monts et merveilles…
Ponctuellement, quelque chose de nouveau s’y installe, et ça déplace : les rues d’ordinaires silencieuses semblent soudain en pleine conversation, les pas des habitants changent de rythme, s’animent et s’accélèrent. Le village se peuple d’autres présences. Sommes-nous dans un décor ? Car par ici, les habitants ressemblent plus à des acteurs : ils nous accueillent chez eux, nous ouvrent les portes de leurs granges et jardins et nous accompagnent dans la découverte de nouvelles images. La surveillance laisse place à la bienveillance, des échanges se renouent et on butine de maison en maison comme des abeilles. Selon les années, il y a des couchers de soleil inoubliables ou des averses indomptables, des animaux mystérieux qui surgissent du fin fond des caves, des couleurs qui débordent des fenêtres et des façades qui se parent de nouveaux discours. Alors, on emprunte impatiemment les routes qui existent déjà pour y tracer de nouveaux chemins et on écrit de belles histoires qu’on finit par se raconter. Tout semble faire croire qu’un déplacement du monde est encore possible. Et on se raconte monts et merveilles. Pourtant, lorsque l’intensité retombe, ce qui semblait éternel redevient fragile : le village retrouve son rythme ordinaire, les portails et les rideaux se referment progressivement et chacun retrouve sa place, comme des objets familiers déposés sur l’étagère. Les maisons historiques se vident peu à peu de leurs locataires, les anciens disparaissent au rythme des saisons, et même les arbres semblent prendre quelques rides. Tous ces petits feux allumés n’étaient-ils qu’artifices ?
On redescend alors du village qui nous semblait si difficile à atteindre pour prendre de la distance. Les monts s’effacent dans le brouillard, le vent balaye les maigres prairies qui résistent, et on referme délicatement cette petite parenthèse qui nous aura enchanté, le temps d’un week-end."
Fanny Robin, Directrice artistique

